À son Excellence le Président de la
République du Burundi et
Aux Représentants des Partis politiques burundais,
Le processus démocratique, qui a été mis en marche
avec les accords d’Arusha et les élections libres qui ont
suivi en 2005, a été accueilli avec joie par les citoyens de
l’Europe et des autres Pays du monde, qui depuis plusieurs
années connaissent et suivent les vicissitudes du Burundi.
La situation de stabilité politique de ces dernières années
nous permet d’espérer que l’engagement pour un développement
réel pour la population des Quartiers Nord de Bujumbura et
pour le Pays tout entier puisse continuer. Tous les efforts
que le Gouvernement actuel a mis sur pied pour un processus
de réconciliation apparaissent donc comme appréciables.
Aujourd’hui, le peuple burundais fait preuve de
grand courage : jours après jours, les Burundais cherchent
ensemble de surmonter l’immense peur et la méfiance qu’un si
grand nombre d’années de guerre civile a répandu au milieu
de la population. Malgré les nombreuses injustices que la
population a vécues et souffertes, elle est en train - au
moins pour le moment - de les mettre à côté pour pouvoir
enfin « tourner la page » et affronter un avenir nouveau et
pacifique. Nombreux sont les points d’interrogation que les
Burundais se posent à propos des événements passés ; mais
ces points d’interrogation devront être affrontés au bon
moment, quand les Burundais auront retrouvé la confiance
dans leur propre Pays, dans leurs politiciens, en eux-mêmes
et envers ceux qui habitent auprès d’eux.
Aujourd’hui, ce que la population exige du plus
profond d’elle-même c’est la paix, une paix totale et une
lutte efficace contre chaque forme de violence, physique et
morale. Il s’agit d’une exigence ressentie directement par
les jeunes et les adultes des Quartiers Nord, jeunes et
adultes désireux de pouvoir enfin se déplacer tranquilles et
sereins dans leurs villages et leurs quartiers ; cette
exigence est particulièrement ressentie aussi au niveau
international et elle veut être soutenue.
C’est pour cette raison que nous avons décidé de
nous adresser, avec le respect le plus sincère, à Vous,
Monsieur le Président, et aux plus grands représentants des
Partis politiques. Encore trop souvent, des nouvelles nous
arrivent, d’une localité ou d’une autre du Burundi, de
tueries inutiles et banales perpétrées pendant la nuit sans
aucune justification de la part de bandes armées, de groupes
de voleurs, des ex-militaires ou des ex-rebelles. Un de ces
épisodes s’est vérifié le 7 mai, quand Monsieur Jérôme
Ninteretse, un important représentant du Centre Jeunes
Kamenge, assidûment engagé depuis 1992 dans la promotion du
parcours de Paix, a été assassiné avec sa femme qui était
enceinte.
C’est très regrettable apprendre qu’il y a encore de
nombreux actes de tueries aussi à l’intérieur du Pays où,
chaque semaine, des personnes ou des familles sont tuées, ou
menacées, ou elles sont forcées à la fuite à cause de
vengeances ou plus simplement pour des intérêts économiques.
Il y a encore trop d’exemples d’un emploi, que nous ne
jugeons pas toujours approprié, des armes de la part de la
police et des militaires, pour des services d’ordre ou pour
obtenir des services des gens, qui parfois se sentent
effrayés.
Monsieur le Président et Messieurs les
représentants des Partis politiques burundais, nous Vous
demandons la remise en vigueur des opérations de
désarmement total du Burundi et aussi un contrôle continu et
approfondi du trafic illégal des armes, qui continuent à
entrer et à sortir du Pays. Pour cette œuvre, nous
mettons à Votre disposition notre plus grande collaboration
et notre soutien.
Nous croyons que cette action peut non seulement développer
une conscience nouvelle chez les citoyens burundais, qui se
sentiront protégés et soutenus par leur propre Gouvernement
dans un vrai chemin de paix, mais, cette action sera aussi
une prérogative indispensable pour pouvoir garantir au Pays
un développement stable et durable. Ce développement pourra
se concrétiser uniquement dans une situation d’étroite
confiance et collaboration entre les différents acteurs de
la démocratie, les dirigeants et les concitoyens.
Nous unissons à cette lettre les signatures de tous
ceux qui, touchés par la situation du Burundi et par la
situation de tous les Pays qui encore maintenant vivent des
situations de guerre et de violence, ont décidé d’adhérer à
cette campagne.
En espérant en une réponse concrète, nous
Vous adressons nos salutations les plus distinguées et nos
vœux les plus sincères de bon travail. |